• Lettre du Ministre des Affaires étrangères de l’Iran à l’ONU
  • Déclarations du représentant de l’Iran à la réunion d’urgence du Conseil de sécurité
  • Déclaration du représentant de la Russie
  • Déclaration du représentant de la Chine

Lettre du Ministre des affaires étrangères de la République Islamique d’Iran au Secrétaire général de l’ONU, le 14 janvier 2026

Source : Ambassade de la République Islamique d’Iran

Traduction : lecridespeuples.substack.com

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Excellence,

Je vous écris afin d’attirer votre aimable attention sur les actes de terrorisme et de violence similaires à ceux perpétrés par Daech auxquels la population de la République islamique d’Iran a été confrontée dans l’ensemble du pays du 8 au 10 janvier 2026. Les manifestations pacifiques, déclenchées le 28 décembre 2025 pour des raisons économiques, ont été sabotées par des éléments terroristes qui les ont transformées en émeutes armées.

https://x.com/lecridespeuples/status/2010833255499489699

Les cas recensés de décapitations, de personnes brûlées vives, de passages à tabac mortels de policiers et de civils, l’usage généralisé d’armes à feu, ainsi que l’incendie d’un nombre important d’ambulances, de camions de pompiers, de centres de santé et de bâtiments résidentiels, publics et religieux, constituent un schéma révélant l’exploitation de manifestations initialement pacifiques par des acteurs terroristes bien entraînés. Un nombre considérable de policiers figurent parmi les victimes, tandis que beaucoup d’autres ont été blessés. Le lourd bilan humain témoigne, d’une part, du degré de retenue dont ont fait preuve les forces de l’ordre et, d’autre part, du niveau de violence exercé contre elles par les éléments terroristes.

Je souhaite également exprimer ma vive préoccupation face aux déclarations irresponsables et provocatrices de responsables américains, passés et actuels, qui incitent directement à la violence et aux actes de terrorisme en Iran. S’inscrivant dans une logique de mépris absolu du droit international, ces propos, de même que les menaces répétées de recours à la force, constituent une violation flagrante des principes du droit international et des dispositions de la Charte des Nations unies interdisant l’incitation au terrorisme, l’encouragement à la violence et l’ingérence dans les affaires intérieures des États souverains.

L’aveu public par un ancien secrétaire d’État américain de la présence d’agents du Mossad du régime israélien parmi les émeutiers est particulièrement préoccupant. L’instrumentalisation choquante de manifestations pacifiques à des fins politiques, ainsi que la mise en danger de la vie de civils par des responsables américains, s’inscrivent pleinement dans la continuité du rôle joué par les sanctions unilatérales illégales des États-Unis, qui ont porté atteinte aux droits des Iraniens à la vie et au développement et contribué à la création de la situation actuelle. Les prétentions fallacieuses de ces mêmes responsables quant à leur soutien aux droits humains en Iran ne peuvent dès lors être qualifiées que de honteuses.

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Le rassemblement massif qui s’est tenu à travers tout l’Iran le lundi 12 janvier 2026 pour dénoncer les ingérences étrangères aurait dû transmettre un message clair quant à la volonté et à la détermination de l’écrasante majorité du peuple iranien de défendre l’unité nationale et le respect de la loi et de l’ordre.

Je tiens également à souligner que le gouvernement de la République islamique d’Iran, pleinement conscient de ses engagements en matière de droits de l’homme, y compris du droit à la manifestation pacifique, a pris toutes les mesures nécessaires pour faire preuve de la plus grande retenue face à la violence et aux actes de terrorisme, tout en assumant ses obligations fondamentales consistant à protéger la population et à garantir l’ordre public et la sécurité nationale.

https://x.com/lecridespeuples/status/2010807248348725574

Je saisis enfin cette occasion pour appeler à la condamnation et au rejet sans équivoque de tous les actes de terrorisme commis lors des troubles, quelles qu’en soient les motivations, ainsi que des interventions et incitations extérieures portant atteinte à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et aux intérêts nationaux vitaux du gouvernement et du peuple iraniens.

Veuillez agréer, Excellence, l’assurance de ma très haute considération.

Sayed Abbas Araghchi, Ministre des Affaires étrangères

***

Discours du représentant de la République Islamique d’Iran à la réunion d’urgence du Conseil de sécurité, le 15 janvier 2026.

Cette intervention a eu lieu après les exposés des pays occidentaux, ainsi que ceux de la Russie et de la Chine traduits ci-dessous.

Source : UNSC

Traduction : lecridespeuples.substack.com

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.

Monsieur le Président,

Permettez-moi, dès l’ab, d’exprimer notre ferme opposition à la participation des soi-disant représentants de la société civile [Masih Alinejad et Ahmad Batebi, agents rémunérés par Washington].

Je tiens à être parfaitement clair. Les deux intervenants imposés par le représentant du régime des États-Unis sous cette fausse appellation ne représentent en rien la société civile iranienne. Ils représentent l’agenda politique des régimes américain et israélien. Ils vivent hors d’Iran depuis plus de deux décennies et se sont constamment livrés à des actes d’incitation à la violence ainsi qu’à la promotion d’activités extrémistes et terroristes, notamment en prônant et en facilitant le recours à la force meurtrière contre les forces de l’ordre.

Leur présence ici n’est donc ni légitime ni crédible et elle porte fondamentalement atteinte à l’intégrité de cette discussion. Il est honteux que le régime américain ait transformé cette auguste enceinte en une scène de théâtre et de mise en scène, propice à des accusations et à des déclarations sans fondement. Cela s’inscrit dans la politique plus large des États-Unis visant à démanteler et à discréditer le système des Nations unies.

https://x.com/lecridespeuples/status/2010806476814893546

Si l’on souhaite évoquer de véritables cas, le meurtre d’une femme innocente dans le Minnesota la semaine dernière, ainsi que la répression nationale qui a suivi, pourraient être présentés ici, accompagnés de témoignages et d’exposés appropriés. Permettez-moi de rappeler ce qu’est un exposé : il ne s’agit pas d’une déclaration personnelle ni d’une accusation. Je vous prie de ne pas présenter ces individus au monde comme des représentants de la société civile iranienne. Leurs actes et leurs déclarations concernant l’Iran sont tout sauf civils, et ils sont depuis longtemps coupés de la société iranienne. Ils amplifient l’agenda étranger israélo-américain. Ils sont tous deux à la solde du Mossad, comme l’attestent des preuves irréfutables.

Voir Qui est Masih Alinejad, figure de proue des manifestations anti-régime en Iran ?

Nous avons pris note de l’exposé présenté par le Sous-Secrétaire général. Malheureusement, celui-ci était partial et ne reposait pas sur des éléments factuels.

Monsieur le Président,

C’est le cœur lourd et animé d’un profond chagrin que j’adresse mes sincères condoléances au courageux peuple de mon pays ainsi qu’aux familles des nombreuses victimes. Au cours des dernières semaines, l’Iran a perdu de nombreux civils innocents ainsi que des membres dévoués de ses forces de sécurité et de maintien de l’ordre. Nombre de nos jeunes ont été brutalement assassinés dans des actes d’extrême violence résultant des atrocités commises par des éléments affiliés à Daech. De nombreux policiers ont sacrifié leur vie dans l’exercice de leurs fonctions afin de protéger les civils et de préserver l’ordre public.

Je m’exprime aujourd’hui au nom d’une nation en deuil. Il est profondément regrettable que le représentant du régime américain, à l’origine de la convocation de cette réunion, ait eu recours au mensonge, à la déformation des faits et à une désinformation délibérée afin de dissimuler l’implication directe de son pays dans l’orientation des troubles en Iran vers la violence.

En réalité, la demande américaine de tenue de cette réunion est honteuse, car elle vise à masquer leur complicité directe dans les crimes commis contre notre nation entre le 8 et le 10 janvier, dans le cadre de la tentative malveillante d’Israël d’entraîner l’Amérique dans une nouvelle guerre d’agression contre l’Iran, sous le prétexte fallacieux d’une prétendue préoccupation pour le peuple iranien et d’un prétendu soutien aux droits de l’homme.

https://x.com/AlienorAubigne/status/1565768361828655105

Le régime américain cherche à se présenter comme un ami du peuple iranien tout en préparant simultanément le terrain à une déstabilisation politique et à une intervention militaire sous couvert d’un discours prétendument humanitaire. Ces affirmations sont d’autant plus cyniques qu’elles s’inscrivent dans un long passé, largement documenté, d’interventions militaires illégales, d’opérations de changement de régime et de violations systématiques du droit international et de la Charte des Nations unies.

Partout dans le monde, ces politiques ont provoqué des pertes massives parmi les civils, l’effondrement d’États, des catastrophes humanitaires prolongées, ainsi que l’émergence et le renforcement de groupes extrémistes et terroristes. Il ne s’agit pas d’une opinion, mais d’un fait historique avéré.

https://x.com/AlainMarshal2/status/2012848417022542118

Depuis des décennies, le peuple iranien fait l’expérience concrète de ce que signifie ce prétendu soutien. Le schéma de coercition et d’ingérence des États-Unis sous des prétextes fallacieux est clair : de l’orchestration du coup d’État de 1953 contre le gouvernement démocratiquement élu du Dr Mossadegh, à son soutien politique, militaire et en matière de renseignement à la guerre d’agression de Saddam contre l’Iran ; de l’abattage du vol Iran Air 655 en 1988, qui a coûté la vie à 290 civils innocents, à sa complicité dans des assassinats, des sabotages et des attaques contre des civils et des infrastructures iraniennes, y compris la guerre d’agression menée en juin 2025.

Des décennies de sanctions unilatérales illégales à la coercition économique systématique, ces mesures ont gravement violé les droits fondamentaux du peuple iranien, notamment ses droits inhérents à la vie, à la santé et au développement.

Malheureusement, plusieurs membres occidentaux de ce Conseil, dont le Royaume-Uni et la France, ont une fois de plus adopté leurs doubles standards habituels. Tout en prétendant défendre les droits de l’homme et soutenir le peuple iranien, ils ont, aux côtés des États-Unis, imposé certaines des sanctions les plus sévères et les plus illégales de l’histoire moderne, des sanctions qui ont infligé des souffrances généralisées aux populations civiles. Dans le même temps, ils n’ont pas condamné, et encore moins imposé de sanctions au régime israélien pour ses actes de génocide et ses crimes contre l’humanité.

Voir Révolution de couleur en Iran : la complicité abjecte des médias occidentaux

Monsieur le Président,

Entre le 8 et le 10 janvier 2026, le peuple et le gouvernement de la République islamique d’Iran ont été confrontés, dans tout le pays, à des actes de terrorisme et à des violences extrêmes de type Daech. Les manifestations pacifiques qui avaient débuté le 28 décembre 2025 sur la base de revendications économiques légitimes ont été délibérément détournées par des groupes armés organisés et transformées en émeutes violentes.

Parmi les faits documentés figurent des décapitations, des personnes brûlées vives, des policiers et des civils battus à mort, l’usage indiscriminé d’armes à feu, ainsi que l’incendie volontaire d’ambulances, de véhicules de secours, d’établissements de santé, d’immeubles résidentiels et de lieux de culte. Il ne s’agissait pas d’incidents isolés. Ces faits révèlent un schéma clair et systématique de violence organisée.

Un nombre important de policiers ont été tués ou grièvement blessés. Ces lourdes pertes témoignent de l’extrême brutalité des éléments terroristes impliqués.

La situation est, en réalité, très simple. Le régime américain et ses complices, en particulier le régime israélien, ne peuvent échapper à leur responsabilité dans le sang innocent versé dans mon pays. Incapables d’atteindre leurs objectifs par la guerre d’agression de douze jours menée contre l’Iran en juin 2025, ils cherchent désormais à poursuivre ces mêmes objectifs par la déstabilisation politique, les troubles internes et le chaos.

Cette stratégie repose sur la fabrication de victimes, la diffusion de chiffres faux ou exagérés et la création d’un prétexte à une intervention étrangère. Il s’agit d’un scénario bien connu, utilisé à maintes reprises, de l’Irak à la Libye, en passant par le Venezuela.

https://x.com/lecridespeuples/status/2010806832777097298

Monsieur le Président,

Permettez-moi de rappeler quelques-unes des déclarations interventionnistes et irresponsables de responsables américains qui démontrent clairement l’implication directe de Washington dans ces troubles.

Le 29 décembre 2025, lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre du régime israélien, le président des États-Unis a déclaré : « Si l’Iran poursuit son programme de missiles, oui, je soutiens une frappe. S’ils poursuivent leur programme nucléaire, la frappe doit être immédiate. »

Il a ensuite ajouté : « Nous allons devoir les faire tomber. Nous les ferons tomber. Nous les ferons complètement tomber. »

Le 2 janvier, l’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo a reconnu publiquement la présence d’agents du Mossad parmi les émeutiers, déclarant : « Bonne année à tous les Iraniens dans la rue. Et aussi à tous les agents du Mossad qui se trouvent à leurs côtés. »

Le 3 janvier 2026, le président des États-Unis a déclaré : « Nous sommes prêts à passer à l’action. »

Le 10 janvier 2026, le sénateur Lindsey Graham a publiquement appelé à la violence en déclarant : « Lorsque le président Trump dit “Make Iran Great Again”, cela signifie que les manifestants en Iran doivent vaincre l’ayatollah. »

Le 12 janvier, le porte-parole de la Maison-Blanche a confirmé que le président Trump n’hésiterait pas à recourir à la force militaire contre l’Iran. Le même jour, le sénateur Graham a déclaré : « Les dirigeants iraniens doivent être détruits. C’est la meilleure occasion depuis 1979 de changer le Moyen-Orient. »

Le 13 janvier, le président américain a déclaré : « Patriotes iraniens, continuez à manifester. Prenez le contrôle de vos institutions. L’aide est en route. »

La déclaration du représentant des États-Unis aujourd’hui vient s’ajouter à cette liste.

Il ne s’agit pas de propos isolés. Ils constituent des appels explicites au changement de régime, à la violence et à l’agression militaire.

Monsieur le Président,

L’exploitation de manifestations pacifiques à des fins géopolitiques, ainsi que la mise en danger irresponsable de la vie des civils, s’inscrivent pleinement dans le rôle destructeur qu’ont joué les sanctions unilatérales illégales dans la création de la situation actuelle. Les déclarations se réclamant de la défense des droits de l’homme sonnent creux lorsqu’elles émanent de ceux qui les ont systématiquement violés.

Il y a trois jours, des millions d’Iraniens ont défilé à travers tout le pays pour rétablir le calme, soutenir l’ordre public et rejeter les tentatives irresponsables visant à plonger la nation dans un conflit civil. Le président Trump a choisi d’ignorer cette démonstration historique d’unité et de retenue. Il a au contraire publié des déclarations provocatrices destinées à raviver les troubles. Le peuple iranien a rejeté cet appel, et le calme a depuis été rétabli.

Toute menace ou tout recours à la force contre la République islamique d’Iran, sous quelque prétexte que ce soit,y compris au nom de la protection des manifestants, constitue une violation grave du droit international et de la Charte des Nations unies. De telles actions violent l’article 2, paragraphe 4, qui interdit la menace ou l’emploi de la force, ainsi que l’article 2, paragraphe 7, qui consacre le principe de non-ingérence.

Aucune doctrine, aucun discours ni aucune justification politique ne peuvent légitimer une action militaire unilatérale sans l’autorisation explicite du Conseil de sécurité au titre du Chapitre VII. Invoquer une rhétorique humanitaire pour justifier l’usage de la force constitue un abus délibéré du droit international.

Le Conseil de sécurité, ses membres et le Secrétaire général ont une responsabilité juridique, morale et politique claire : rejeter de telles actions avant qu’il ne soit trop tard. La crédibilité des Nations unies et la survie même de la Charte dépendent du respect ou de l’érosion de cette interdiction fondamentale par l’un de ses membres permanents.

Monsieur le Président,

L’Iran ne cherche ni l’escalade ni la confrontation. Toutefois, tout acte d’agression, direct ou indirect, recevra une réponse décisive, proportionnée et conforme au droit international, en vertu de l’article 51 de la Charte. Il ne s’agit pas d’une menace, mais de l’énoncé d’une réalité juridique. La responsabilité de toutes les conséquences incombera exclusivement à ceux qui initieront de tels actes illégaux.

Le gouvernement de la République islamique d’Iran demeure pleinement attaché à ses obligations en matière de droits de l’homme, y compris le droit de manifester pacifiquement. Il a fait preuve d’une retenue maximale tout en assumant son devoir de protection de la population et de préservation de l’ordre public. Toutefois, l’incitation à la violence, l’encouragement à la déstabilisation interne et les menaces explicites d’action militaire constituent une menace pour la paix et la sécurité internationales au sens de l’article 39 de la Charte.

En conclusion, Monsieur le Président, nous rejetons catégoriquement toutes les accusations à motivation politique formulées aujourd’hui contre mon gouvernement. Les faits sur le terrain contredisent les récits fabriqués présentés par les États-Unis et leurs alliés.

L’affirmation selon laquelle la République islamique d’Iran aurait tué des manifestants pacifiques constitue une déformation flagrante de la réalité. Les forces de sécurité iraniennes ont été confrontées à des cellules terroristes armées de type Daech et à des groupes séparatistes violents, financés et soutenus par des acteurs étrangers, notamment le régime israélien. Ces groupes ont délibérément pris pour cible des civils et des agents des forces de l’ordre afin de provoquer une guerre civile et de créer les conditions d’une intervention étrangère.

L’affirmation selon laquelle des restrictions à l’internet auraient été imposées pour dissimuler des exactions est tout aussi infondée. Des limitations temporaires ont été rendues nécessaires pour protéger la nation contre des opérations cybernétiques hostiles et pour perturber les réseaux terroristes coordonnant des attaques depuis l’intérieur de nos villes.

Je vous remercie, Monsieur le Président.

***

Déclaration de Vassily Nebenzia, représentant permanent de la Fédération de Russie à l’ONU, à la réunion d’urgence du Conseil de sécurité, le 15 janvier 20265.

Source : Mission permanente de la Russie à l’ONU

Traduction : lecridespeuples.substack.com

Monsieur le Président,

Depuis la fin du mois de décembre, le monde entier observe les États-Unis aggraver encore les tensions et attiser l’hystérie autour de l’Iran, en annonçant que « l’aide est déjà en route ». De plus, dans ses déclarations officielles, Washington n’a même pas cherché à dissimuler les véritables raisons de sa prétendue « préoccupation » face à la situation politique intérieure du pays, tout en menaçant l’Iran de nouvelles frappes.

La réunion d’aujourd’hui, convoquée par nos collègues américains, n’est rien d’autre qu’une nouvelle tentative de justifier une agression manifeste et une ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain. Et si les autorités iraniennes ne « reviennent pas à la raison », pour reprendre l’expression de Washington, alors les États-Unis entendent résoudre la « question iranienne » selon leur méthode favorite, à savoir par des frappes destinées à renverser un régime jugé indésirable.

Afin de donner une apparence de crédibilité et de justification à leurs actions, ils ont invité aujourd’hui des intervenants qui vivent aux États-Unis depuis une vingtaine d’années et qui promeuvent un agenda anti-iranien dans l’intérêt de Washington. Ces soi-disant experts ne sauraient parler au nom du peuple iranien. Nous rejetons fermement toute tentative des États-Unis de faire perdre un temps précieux aux membres du Conseil en nous soumettant des exposés qui ne servent qu’à défendre la position de ceux qui ont convoqué cette réunion et qui n’ont aucun lien avec les questions de paix et de sécurité internationales. Plus généralement, ce qui se déroule ici relève de l’embarras et de la mascarade, d’un cirque de mauvais goût indigne des membres de ce Conseil.

Nous constatons néanmoins que les autorités de Téhéran ont réaffirmé leur attachement au respect de leurs obligations internationales, notamment en matière de droits de l’homme et de garantie des conditions nécessaires à l’expression pacifique de l’opinion publique, tout en assumant leur devoir fondamental de protection de la vie des civils, de l’ordre public et de l’intégrité territoriale du pays. D’après les éléments dont nous disposons, la vague de protestations a commencé à s’essouffler et la situation se normalise progressivement. Le gouvernement iranien a pris les mesures nécessaires pour stabiliser la situation économique et a engagé un dialogue constructif avec la population afin de répondre aux préoccupations émergentes. De vastes rassemblements ont eu lieu dans le pays, au cours desquels les citoyens iraniens ont exprimé leur soutien au Guide suprême et à la politique d’indépendance de l’Iran.

La Fédération de Russie estime que la réunion d’aujourd’hui doit être abordée sous l’angle du mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, qui est de préserver la paix et la sécurité internationales et de faire respecter le droit international, et non à travers le prisme des affaires politiques internes de l’Iran.

Les violations de ces normes et principes sont manifestes dans la situation actuelle. Il s’agit notamment des déclarations extrêmement dangereuses et irresponsables récemment tenues par les dirigeants américains, allant jusqu’à appeler ouvertement à la « prise de contrôle des institutions étatiques » en Iran et à menacer de fournir une « assistance » aux manifestants. De telles déclarations constituent une incitation directe au renversement violent de l’ordre constitutionnel d’un État souverain. Elles violent de manière flagrante les paragraphes 4 et 7 de l’article 2 de la Charte des Nations unies, qui interdisent le recours à la menace ou à l’emploi de la force et consacrent le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États.

Monsieur le Président,

Ce qui se déroule depuis plusieurs jours dans les rues des villes iraniennes dépasse largement le cadre de manifestations pacifiques. Des cas avérés d’utilisation d’armes à feu, d’assassinats de membres des forces de l’ordre et de civils, d’incendies criminels visant des établissements médicaux et des institutions publiques, ainsi que d’attaques contre des infrastructures de secours ont été signalés. Ces actes ne sauraient être dissimulés sous le couvert de la liberté d’expression ou de la défense des droits de l’homme.

Ce qui se passe en Iran constitue un nouvel exemple de l’application de méthodes éprouvées de « révolutions de couleur », dans lesquelles des provocateurs armés et spécialement entraînés transforment des manifestations pacifiques en émeutes sanglantes, en pogroms, en destructions de biens publics et en meurtres brutaux de policiers, de membres des forces de sécurité de l’État et de manifestants pacifiques, y compris des enfants.

https://x.com/AlainMarshal2/status/2011845782513553675

Comme nous l’avons constaté à de nombreuses reprises dans différents pays, toutes ces actions sont soit orchestrées, soit soutenues par des forces extérieures cherchant un prétendu « changement de régime ». En réalité, dans la situation actuelle, ces forces extérieures ne prennent même plus la peine de dissimuler leur implication dans les violences, d’autant plus que le président des États-Unis a ouvertement appelé les manifestants à s’emparer des institutions étatiques iraniennes.

Les États-Unis et leurs « soutiens » exploitent activement les difficultés économiques et sociales rencontrées par les citoyens iraniens ordinaires, difficultés causées par les sanctions illégales imposées à l’Iran par les pays occidentaux. Ils instrumentalisent ces sanctions afin d’attiser les tensions sociales et de déstabiliser la situation politique intérieure.

La situation actuelle s’inscrit clairement dans la politique de « pression maximale » contre Téhéran proclamée par Washington et soutenue par ses alliés, dans le but de faire avancer les intérêts politiques de leur paroisse au Moyen-Orient. Tous les moyens sont mobilisés à cette fin. Cela inclut non seulement des sanctions unilatérales illégales, imposées en contournant le Conseil de sécurité et en violation flagrante de la Charte des Nations unies, mais aussi le chantage éhonté exercé sur d’autres États par le biais d’augmentations tarifaires. Nos collègues occidentaux n’hésitent pas à instrumentaliser le Conseil de sécurité pour promouvoir un agenda déconnecté de la réalité.

https://x.com/AlainMarshal2/status/2011846827692236861

L’exemple le plus révélateur en est la volonté du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne de créer l’illusion d’un rétablissement des résolutions anti-iraniennes du Conseil de sécurité en prétendant activer le mécanisme de « snapback » prévu par la résolution 2231. Le prétexte invoqué repose sur une prétendue « menace pour la paix et la sécurité internationales » que représenterait le programme nucléaire pacifique de l’Iran. Cela, alors même que le Directeur général de l’AIEA n’a jamais tiré de telles conclusions dans ses rapports, ni mis en évidence le moindre détournement de matières nucléaires à des fins militaires, et que l’ensemble de la crise autour du JCPOA a été provoqué précisément par Washington, à la suite de son retrait unilatéral de « l’accord nucléaire » en 2018. Néanmoins, le groupe E3 persiste à défendre un narratif intenable et à creuser davantage les divisions au sein du Conseil de sécurité.

Ce qui est le plus préoccupant, c’est la ligne agressive adoptée par Washington en faveur du recours à la force militaire, ainsi que les menaces explicites d’y recourir contre l’Iran. Nous condamnons fermement ces actions, quels que soient les arguments invoqués pour les justifier, et les considérons comme une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations unies.

Nous appelons instamment les « têtes brûlées » à Washington et dans d’autres capitales, qui élaborent des plans pour renouveler leurs aventures militaires, à faire preuve de raison et à empêcher la répétition de la tragédie de juin 2025, lorsque l’agression américano-israélienne a failli provoquer une catastrophe nucléaire majeure aux conséquences humanitaires et environnementales irréversibles. Nous exigeons que les États-Unis et leurs partenaires s’abstiennent de toute nouvelle décision ou action irréfléchie, en particulier en ce qui concerne les installations nucléaires. Ils devraient au contraire s’attacher à fournir des garanties crédibles contre toute nouvelle escalade et à reprendre des efforts conjoints pour rechercher des solutions, notamment afin de dissiper les préjugés entourant le programme nucléaire pacifique de l’Iran. Tout cela doit se faire sur la base du droit international et du respect de l’équilibre des intérêts de toutes les parties concernées. Notre pays est prêt à y contribuer par tous les moyens appropriés.

Monsieur le Président,

La Fédération de Russie condamne fermement toute forme d’ingérence extérieure, d’incitation à la violence et de menace d’usage de la force à l’encontre de notre ami l’Iran. Nous appelons l’initiateur de la réunion d’aujourd’hui à cesser de se poser en « juge du monde » et à mettre fin à des actions qui ne font qu’aggraver la situation. Vos agissements risquent de plonger la région dans un chaos encore plus sanglant, susceptible de s’étendre bien au-delà de ses frontières. Plus précisément, nous appelons nos collègues du Conseil et l’ensemble des États membres des Nations unies à agir avec responsabilité : au lieu de délégitimer les autorités légitimes d’un État souverain, il conviendrait de prévenir toute nouvelle escalade majeure et de veiller à ce que le Conseil de sécurité ne soit pas instrumentalisé pour justifier des scénarios illégaux de changement de régime.

Je vous remercie.

***

Déclaration de l’Ambassadeur Sun Lei, Chargé d’affaires par intérim de la Mission permanente de la République populaire de Chine auprès des Nations unies.

Source : Mission permanente de la Chine à l’ONU

Traduction : lecridespeuples.substack.com

Monsieur le Président,

Je remercie la Sous-Secrétaire générale Martha Pobee pour son exposé et salue la participation du représentant de l’Iran à la réunion d’aujourd’hui.

Les récents développements en Iran ont attiré une large attention. La Chine a pris note de la lettre adressée par le ministre iranien des Affaires étrangères au Secrétaire général de l’ONU. Depuis un certain temps, les États-Unis multiplient les déclarations belliqueuses sur la situation en Iran et menacent ouvertement de recourir à la force contre ce pays. En conséquence, des nuages de guerre s’amoncellent au-dessus du Moyen-Orient et les tensions dans la région ne cessent de s’aggraver.

La Chine a toujours défendu le respect des buts et principes de la Charte des Nations unies ainsi que du droit international. Nous nous opposons à la menace ou à l’usage de la force dans les relations internationales, nous nous opposons à l’imposition de sa volonté à d’autres pays, et nous nous opposons à toute régression vers la loi de la jungle. L’égalité souveraine et la non-ingérence dans les affaires intérieures constituent les principes fondamentaux du droit international et les normes essentielles régissant les relations internationales modernes. L’Iran est un État souverain et indépendant. Les affaires de l’Iran doivent être décidées de manière autonome par son peuple. La Chine soutient la préservation de la souveraineté, de la sécurité et de l’intégrité territoriale de l’Iran, et appelle la communauté internationale à soutenir le gouvernement et le peuple iraniens afin de surmonter les difficultés actuelles et de préserver la sécurité nationale et la stabilité sociale.

Le recours à la force ne saurait en aucun cas résoudre les problèmes. Il ne ferait que les rendre plus complexes et plus difficiles à maîtriser. Toute aventure militaire ne ferait que précipiter la région dans un abîme imprévisible. Nous appelons les États-Unis à respecter les buts et principes de la Charte des Nations unies et à renoncer à leur obsession du recours à la force. Nous appelons également toutes les parties à faire preuve de retenue et à œuvrer ensemble afin de jouer le rôle qui leur incombe dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

À l’heure actuelle, le Moyen-Orient demeure la région la plus fragile du paysage sécuritaire mondial, où les risques de troubles et de conflits restent élevés. Les peuples de la région aspirent profondément à la paix et au développement. La Chine a pris note des graves préoccupations exprimées par la grande majorité des pays de la région face à la confrontation militaire, ainsi que de leur volonté sincère de résoudre les différends par des moyens pacifiques et par le dialogue. La Chine espère que les États-Unis et les autres parties concernées prendront pleinement en considération les voix de la communauté internationale et des pays de la région, et feront davantage pour promouvoir la paix et la stabilité au Moyen-Orient, plutôt que le contraire. Tous les pays devraient jouer un rôle constructif dans la promotion de la paix et la résolution des conflits, éviter d’aggraver les tensions et s’abstenir d’attiser les flammes.

Monsieur le Président,

La paix et le développement constituent les aspirations communes de tous les peuples. L’histoire a démontré à maintes reprises que l’obsession du recours à la force, les pressions incessantes et les ingérences arbitraires ne font qu’engendrer davantage de conflits et de haines. Aucun pays n’a le droit de dicter l’avenir d’un autre, et aucune action en violation du droit international ne saurait être tolérée.

Nous appelons la communauté internationale à se tenir du bon côté de l’histoire, du côté de l’équité et de la justice, et à œuvrer sans relâche pour la paix et la stabilité au Moyen-Orient, ainsi que pour la paix et la tranquillité dans le monde.

Je vous remercie, Monsieur le Président.

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