Discours intégral du Secrétaire Général du Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem, le 27 mars 2023, à l’occasion de la Journée Internationale d’Al-Quds (Jérusalem).
Source : Al-Manar
Traduction : lecridespeuples.substack.com
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Dieu, Seigneur des mondes, et que la paix et les bénédictions soient sur le plus noble des créatures, notre maître, notre bien-aimé et guide, Abou al-Qasim Muhammad, ainsi que sur sa famille pure et vertueuse, ses compagnons nobles et choisis, et sur tous les prophètes et justes jusqu’au Jour du Jugement. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous.
[Une journée de solidarité avec tous les opprimés]
Aujourd’hui est la Journée internationale d’Al-Quds. Ce discours est prononcé à l’occasion de cette grande commémoration instaurée par l’imam Khomeini, que Dieu sanctifie son âme, il y a 46 ans, en 1979, lorsqu’il déclara que le dernier vendredi du mois béni de Ramadan serait le Jour d’Al-Quds. Il disait alors :
« La Journée d’Al-Quds est une journée internationale qui ne se limite pas seulement à Al-Quds, mais marque la confrontation des opprimés contre les arrogants, des peuples écrasés par l’oppression—américaine ou autre—des grandes puissances. »
Ce jour est donc un jour de solidarité avec Al-Quds occupée et avec tous les opprimés du monde qui résistent aux tyrans, aux occupants, aux comploteurs et aux despotes cherchant à asservir les peuples. Cette journée embrasse toute la planète, mais son cœur reste la Palestine occupée.
Notre imam Khamenei, que Dieu le préserve, a affirmé :
« La question palestinienne, pour nous en République islamique, n’est ni une tactique ni même une stratégie politique ; elle est une question doctrinale, ancrée dans nos cœurs et notre foi. »
Cela illustre l’ampleur que revêtent la cause d’Al-Quds et la Journée d’Al-Quds. Il est essentiel de comprendre l’impact de cette journée dans l’histoire de notre région et les transformations survenues depuis 46 ans. Comparons 1979, avant la proclamation de cette journée, avec aujourd’hui, en 2025 : de nombreux changements ont eu lieu en faveur de la Libération.
L’Iran d’avant était celui du Shah, un allié majeur d’Israël, gendarme du Moyen-Orient et épouvantail pour les peuples, en coopération avec l’entité sioniste. Aujourd’hui, l’ambassade d’Israël en Iran est devenue l’ambassade de Palestine, et cette grande puissance régionale a cessé tout soutien à l’ennemi. La résistance a émergé et a été appuyée par tous les moyens, jusqu’à ce que ces transformations deviennent une réalité évidente.
[Une résistance palestinienne enracinée]
Nous faisons aujourd’hui face à une résistance palestinienne profondément ancrée au sein de son peuple, une résistance armée qui aspire à la Libération, de la mer au fleuve. Si elle existait déjà sous une certaine forme depuis l’occupation, elle a connu un développement majeur, des changements profonds et un soutien accru qui l’ont propulsée vers l’avant, jusqu’à l’opération Déluge d’Al-Aqsa, qui a ramené la cause palestinienne au centre des préoccupations mondiales après avoir été marginalisée.
Au Liban, nous sommes devenus une force importante de la résistance contre l’ennemi israélien.
Le Yémen s’est imposé comme un atout majeur dans la lutte contre l’entité sioniste.
En Irak, une capacité stratégique s’est affirmée face à l’arrogance américaine et israélienne.
Ainsi, ces peuples de la région, en plus des mouvements de résistance et du soutien populaire mondial à la cause palestinienne, qu’il s’agisse d’un soutien politique, médiatique, culturel ou financier, incarnent un changement profond favorable à la cause palestinienne. Ce bouleversement est irréversible, et nous sommes désormais face à une transformation décisive dont les répercussions se feront immanquablement sentir.
[Israël est une tumeur cancéreuse expansionniste]
Deuxièmement, Israël est une tumeur cancéreuse expansionniste, instrument de l’arrogance américaine. Depuis 75 ans, il ne cesse de s’étendre, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Palestine, poursuivant ainsi ses objectifs expansionnistes. Et lorsqu’il recule quelque part, c’est uniquement sous la pression, face à la résistance et au rejet. Même les colonies de Cisjordanie ont progressivement grignoté le territoire, car Israël cherche à en prendre le contrôle total. Pour cette entité israélienne, il n’existe pas de « territoires de 1967 », ni même de « Palestine ».
Tous ces martyrs qui ont donné leur vie, plus de 51 000 hommes, femmes et enfants, résistants, moudjahidines et membres du peuple palestinien, accompagnés des blessés et des prisonniers, ont enduré toutes les tortures pour mettre un terme à cette entité israélienne. Le peuple palestinien est invincible, car il détient un droit légitime. Et dans le Livre de Dieu Tout-Puissant, il est promis (aux Juifs transgresseurs) : « Et quand viendra la promesse de la dernière [période], ils assombriront vos visages, entreront dans la mosquée comme ils y étaient entrés la première fois, et détruiront totalement ce qu’ils auront conquis ». (Coran, sourate 17, verset 7)
Nous avons la certitude que, à terme, la victoire appartiendra au peuple palestinien, légitime propriétaire de cette terre.
[Notre intérêt : libérer et protéger la Palestine et le Liban]
Troisièmement, quelle est notre position en tant que Hezbollah ? Nous croyons que la cause palestinienne est juste, et quatre principes nous font adhérer à ce droit et à cette cause :
- (La Libération des lieux saints) Nous croyons en la Libération des lieux saints, et la mosquée Al-Aqsa est la première des deux qiblas et la troisième des mosquées sacrées : « Gloire à Celui qui de nuit fit voyager Son serviteur de la Mosquée sacrée à la Mosquée Al-Aqsa dont Nous avons béni l’enceinte, afin de lui montrer certains de Nos signes. C’est Lui, en vérité, qui entend et qui voit. » (Coran, sourate 17, verset 1)
- (La défense du droit) Ce peuple a un droit, et nous devons le soutenir. Lorsque le monde se divise entre foi et impiété, vérité et mensonge, nous devons nous tenir du côté de la vérité.
- (L’obéissance à l’ordre légitime de notre leadership) Nous nous conformons aux directives religieuses de notre guide, l’Imam Khamenei, qui s’inscrivent dans la continuité de l’héritage de l’Imam Khomeini. Ce devoir religieux transcende les frontières, la géographie et toute autre considération. C’est un acte de foi, de croyance et un engagement indéfectible.
- (Notre intérêt stratégique) Nous estimons que soutenir les opprimés de la région et la cause palestinienne bénéficie non seulement à la Palestine, mais aussi au Liban et à toute la région. Nous y trouvons donc à la fois une conviction et un intérêt.
C’est pourquoi nous affirmons avec clarté : nous restons fidèles à notre engagement ô Al-Quds, quelles que soient les difficultés, les sacrifices ou les complications. Nous avons foi en notre devoir de contribuer à la Libération de la Palestine et en notre intérêt à libérer et protéger le Liban en cette période historique critique. Nous allions foi et intérêt.
Le Hezbollah a apporté un soutien décisif à la Palestine occupée, au peuple palestinien et à Gaza. Ce soutien a atteint son apogée avec le martyre du Maître des martyrs de la Oumma (communauté musulmane), Sayed Hassan Nasrallah, que Dieu le Très-Haut l’agrée, en témoignage authentique et indéfectible de notre engagement envers la Palestine et Al-Quds. Il faut bien comprendre que le Liban figure sur la liste des territoires convoités par l’entité sioniste, au moins au niveau du Sud-Liban, tant en termes d’accaparement de territoire que de sa colonisation.
Nous avons déjà vécu cette menace après 1982 avec le groupe de Saad Haddad et Antoine Lahad, qui avaient créé une zone appelée « Sud-Liban libre », dans l’objectif de la séparer du Liban et de l’intégrer à l’entité israélienne. Cette expérience est une preuve claire des intentions directes d’Israël, et cet objectif demeure. Israël cherche à occuper et à s’approprier des terres. Les visites récentes de responsables israéliens aux soi-disant (mausolée des) « justes » à Houla et Shamaa sont autant d’indices de cette volonté expansionniste.
Pourquoi, en 1982, Israël n’a-t-il quitté le Liban qu’après 18 ans, par la résistance armée, malgré les résolutions et les pressions internationales ? Parce qu’il voulait maintenir son occupation et manipuler l’avenir du Liban afin d’en faire une terre de colonisation et dans le cadre de son projet de réinstallation forcée des Palestiniens vers les pays arabes voisins.
Notre position est claire : Israël est un ennemi expansionniste qui ne connaît pas de limites et qui transgressera toujours les frontières. Notre résistance est une réaction défensive et un droit légitime. Et cette résistance doit perdurer. Certes, la résistance ne peut pas empêcher les agressions israéliennes, mais elle peut les contrer et les empêcher de réaliser leurs objectifs. Et c’est ce qui s’est produit.
Car certains s’interrogent : si la résistance a pour objectif de renverser l’ennemi, comment expliquer qu’il ait parfois occupé de nouveaux territoires ? Nous répondons : pensez-vous que l’écart de puissance entre nous et l’ennemi n’a pas d’incidence ? Bien sûr que si. Mais la véritable question est : l’ennemi a-t-il atteint ses objectifs grâce à sa puissance, incomparablement supérieure à celle de la résistance ? La réponse est non : Israël n’est pas parvenu à réaliser ses objectifs (malgré sa suprématie militaire). Et c’est là la victoire en ce qui nous concerne : la persistance de la résistance, et l’incapacité d’Israël à réaliser ses objectifs. C’est là un élément très important : nous l’avons empêché de réaliser ses objectifs. Et avec le temps, combat après combat, confrontation après confrontation, la persistance de la résistance finira par mettre un terme à cette occupation, avec la grâce de Dieu.
La résistance est faite de sacrifices qui pavent la voie vers un grand résultat. Et Dieu Tout-Puissant nous a promis, avec Sa grâce : « Mais le Messager et ceux qui croient avec lui luttent avec leurs biens et leurs personnes. Ceux-là auront les meilleures récompenses, et ce sont eux qui réussiront. » (Coran, s. 9, v. 88)
[Les objectifs de l’ennemi et la responsabilité de l’État libanais]
Considérez clairement les objectifs de l’ennemi. L’ennemi poursuit trois objectifs majeurs dans la région, et particulièrement au Liban :
-
L’expansion
-
L’élimination de la résistance
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Le contrôle de l’avenir du Liban
Tout cela s’inscrit dans une logique d’agression et de brutalité, avec le soutien du régime tyrannique américain. Nous avons affronté ces objectifs. Nous avons réussi à stopper Israël dans certaines limites. Nous l’avons empêché de progresser sur les frontières pendant un certain temps lors de la bataille des Puissants. Nous avons obtenu un cessez-le-feu par l’intermédiaire de l’État libanais. Cela signifie qu’il y a une force qui a su empêcher Israël d’atteindre ses objectifs, si bien qu’Israël a dû accepter un accord de cessez-le-feu, que nous avons validé avec l’État libanais.
Depuis la conclusion de cet accord de cessez-le-feu indirect avec l’État libanais, la responsabilité lui incombe entièrement. C’est la responsabilité de l’Etat libanais de mettre fin à l’occupation. C’est sa responsabilité de stopper l’agression. C’est sa responsabilité de faire pression sur les grandes puissances qui sont garantes de l’accord. C’est sa responsabilité de rechercher des moyens appropriés pour mettre un terme à l’occupation. C’est sa responsabilité de sortir du cadre strictement diplomatique si nécessaire pour faire face à l’occupation. Tout cela est aujourd’hui la responsabilité de l’État libanais.
Nous, en tant que Hezbollah, avons pleinement respecté l’accord. Nous n’avons pas maintenu de présence armée au sud du fleuve Litani. Pourtant, Israël ne s’est pas complètement retiré du territoire libanais et continue d’occuper certains points. Il viole l’accord et commet des agressions quotidiennes contre les individus, les biens et les régions, que ce soit au Sud, dans la Bekaa ou ailleurs au Liban. Pendant un temps, ces actes ont été qualifiés de « violations », mais ils ont rapidement dépassé ce stade pour devenir une agression à tous les niveaux.
Toutes les justifications israéliennes sont vides de sens, et les conditions d’agression qu’il invoque sont infondées. Un accord existe, alors qu’il soit appliqué dans son intégralité (par Israël), comme le Liban l’a fait. Le monde entier atteste que le Liban et sa résistance ont respecté l’accord, mais Israël, lui, refuse de s’y conformer. Aujourd’hui, ils prétendent vouloir emprunter des voies politiques. Nous rejetons catégoriquement toute forme de normalisation, de même que ces voies politiques par lesquelles Israël tente d’obtenir des gains qui excèdent l’accord et ses exigences afin d’obtenir par la paix ce qu’il n’a pas réussi à conquérir par la guerre. Cela est inacceptable.
Dieu merci, les piliers de l’État libanais – les trois présidents – s’opposent fermement à cette tentative de normalisation.
[Quelle sera la réaction du Hezbollah ?]
Israël est actuellement dans une posture d’agression, et cette agression doit être stoppée. Il a franchi la ligne rouge en bombardant la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis le cessez-le-feu. De même, il a attaqué plusieurs régions du Sud-Liban, causant des martyrs, des blessés et d’importants dégâts aux infrastructures. Nous ne pouvons accepter que cela continue.
Si Israël croit pouvoir imposer une nouvelle équation en prétextant des justifications fallacieuses pour tuer, entrer ici et là et s’en prendre à la banlieue sud de Beyrouth, à la Bekaa et au Sud, il se trompe. L’État libanais doit réagir. Il reste encore du temps pour une résolution politique et diplomatique, mais nous ne permettrons pas une équation par laquelle Israël puisse à son gré bafouer la souveraineté du Liban sans conséquence. Tout a une limite. Chaque chose à son cadre précis. Ne méprisez pas nos déclarations ! Sachez que notre résistance est toujours présente. Nous avons respecté l’accord et nous nous sommes engagés à ce cadre. Mais si Israël refuse de s’y conformer et si l’État libanais ne parvient pas à obtenir les résultats attendus au niveau politique, alors nous n’aurons pas d’autre choix que de revenir à d’autres options qui ne sont pas conformes à la situation actuelle, et qui permettront de contrecarrer les équations que veut établir Israël. Israël doit comprendre qu’il ne pourra pas parvenir à ses fins par la pression, ni en maintenant son occupation des cinq points, ni en poursuivant ses agressions répétées, ni en perpétrant des crimes. C’est absolument impossible. Avec la présence de la résistance, c’est impossible. Avec ce peuple (libanais), c’est impossible. Avec cette cohésion interne importante, c’est impossible.
Nous ne laisserons personne nous priver de notre vie, de notre terre, de notre dignité, de notre fierté et de notre patriotisme. Nous ne le permettrons en aucun cas. Nous ne permettrons à personne de nous priver de notre force et de nos capacités de confrontation avec cet ennemi. L’expérience le démontre, et voyez-en les résultats. Nous ne sommes pas faibles face aux projets des Etats-Unis et d’Israël. Si nous avons fait preuve de patience jusqu’à présent, c’est parce que nous avons voulu donner une chance aux solutions qui pourraient atténuer les souffrances et es pertes humaines. Mais si nous atteignons un point où l’agression israélienne se transforme en tueries, en destructions et en occupation, resterons-nous les bras croisés ? Il est impossible que nous restions les bras croisés. Les dirigeants doivent comprendre que toute chose a une limite, et que cette limite peut être atteinte à tout moment. Saisissez l’opportunité que vous avez d’augmenter les pressions, car Israël est clairement exposé, et il mène des actes criminels que nous ne pouvons tolérer.
[Un peuple exceptionnel]
Israël fait face à un peuple exceptionnel. Le monde entier a vu la grandeur de notre peuple. Il a vu la grandeur du peuple palestinien, et il a vu la grandeur du peuple libanais et la grandeur de cette résistance. Lorsqu’une mère qui a perdu quatre fils tombés en martyrs se tient debout avec détermination et force, exprimant sa volonté de donner encore plus… Lorsqu’une mère se rend dans le sud pour chercher des traces de son fils et que son cœur s’illumine en trouvant quelques vestiges de sa présence, quel immense cœur que le sien ! Et dans le même temps, elle affirme être prête à davantage de sacrifices, fière de son fils, de ses sacrifices et des capacités dont il a fait preuve, et prête à en offrir plus encore. Ce peuple qui se dresse, la poitrine nue, pour faire face (à l’armée israélienne au sud-Liban). Cette femme voilée dans sa abaya qui s’est tenue devant les chars israéliens. Cette foule de plus d’un million de personnes qui a surpassé toutes les foules du monde lors des funérailles des deux vénérables Sayeds (Hassan Nasrallah et Hachem Safi al-dine). Une foule qui exprime moral, force et préparation. Ce n’est pas une simple foule de condoléances, c’est une foule de loyauté dont le cri était : « Nous sommes fidèles à nos engagements. »
Savez-vous que ces dernières semaines, j’ai reçu plusieurs lettres de frères moudjahidines me disant : « Nous sommes prêts pour toute action martyre et nous en demandons la permission. » Je leur ai répondu : « Soyez patients, vous êtes déjà au cœur de l’action martyre. » La confrontation d’aujourd’hui et ce que les jeunes accomplissent est immense. J’ai même entendu certains dire : « Nous avons combattu soixante-quatre jours dans la bataille des Puissants, nos camarades sont tombés en martyrs, mais nous ne sommes pas tombés en martyrs. » Ils sont frustrés de ne pas avoir trouvé le martyre. Pourquoi ? Parce qu’ils n’aiment pas la vie ? Au contraire, ils aiment la vie, mais ils refusent que leur vie s’achève ailleurs que sur le champ de bataille. Ces hommes ont une vision du martyre. Mais je veux leur dire : regardez attentivement ce noble verset : « Certes, Dieu a acheté aux croyants leurs âmes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier de Dieu : ils tuent et sont tués. » (Coran, s. 9, v. 111) Ainsi, ce n’est pas seulement en étant tué que l’on atteint une place éminente au Paradis, mais aussi en combattant. Le simple fait de participer à la bataille, d’y être présent, même sans être tué, vous place parmi ces martyrs et à leur niveau, car vous êtes un moudjahid en première ligne.
Tel est notre peuple. Qui peut le vaincre ? Qui peut l’affronter ? Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui et sur sa famille) parlait avec ses compagnons et a dit à leur sujet : « Derrière vous, viendra un temps de patience, où celui qui s’accroche recevra la récompense de cinquante martyrs. » Ses compagnons demandèrent : « O Messager de Dieu ! Cinquante martyrs (du niveau) de notre époque ou de la leur ? » Il répondit : « Cinquante martyrs de votre niveau. » Cela signifie que la valeur de ceux qui sont présents aujourd’hui est immense.
[Le rôle politique du Hezbollah]
Je conclurai par un point concernant la position du Hezbollah à l’intérieur du Liban. Le Hezbollah et Amal ont accompli une avancée majeure en élisant un président de consensus, en complétant la formation du gouvernement libanais et en lui accordant la confiance, tout en poursuivant la construction de l’État. Nous sommes une partie intégrante de ce partenariat et de cette construction.
Je tiens à rappeler qu’au 20 novembre 2024, six jours avant le cessez-le-feu, j’ai déclaré dans l’un de mes discours — et certains ont été surpris – : « Deuxièmement, nous contribuerons activement à l’élection d’un président de la République via le Parlement, selon les mécanismes constitutionnels. Troisièmement, nos démarches politiques et nos affaires d’État se dérouleront sous le cadre de Taëf, en coopération avec les forces politiques. » Certains se demandaient alors pourquoi parler de cela en pleine guerre, sans savoir ce qui allait suivre, si nous allions survivre à la guerre ou pas. Nous disions alors : « Nous sommes la Résistance et nous sommes en même temps les constructeurs de l’État. » Même au sommet de la résistance, nous restons des partenaires dans la construction de l’État, et tout le monde doit le savoir. Le Liban ne peut se relever que par les efforts conjoints de toutes les composantes du peuple. Que personne n’essaie d’entraver ce processus en isolant, attaquant ou contrariant telle ou telle composante.
Pour que le Liban puisse vraiment se stabiliser et que nous puissions construire son avenir, plusieurs actions fondamentales sont nécessaires :
- Le retrait d’Israël doit être une priorité absolue. Nous devons rester unis pour qu’Israël se retire sans condition, sans discussion d’aucun autre sujet avant ce retrait.
- Le gouvernement doit œuvrer à ce que la reconstruction commence immédiatement, sans être soumise à aucune condition. Le peuple libanais a le droit de voir les destructions causées par l’ennemi israélien réparées par son Etat. Après tant de sacrifices, l’abandonner serait impensable. Le Hezbollah continuera d’appuyer l’État dans cette mission.
- Le processus de redressement et de réforme doit être mené ensemble.
[Conclusion]
Enfin, je tiens à souligner un point au sujet des événements sur la frontière libano-syrienne et en Syrie, et des crimes commis contre les Alaouites, les chrétiens et d’autres groupes, car certains accusent le Hezbollah d’y être mêlé. Le Hezbollah n’a rien à voir avec ce qui se passe en Syrie ni avec les incidents à la frontière libano-syrienne. La défense des frontières relève de la responsabilité de l’armée libanaise et de l’État.
Je conclurai en disant : la Journée d’Al-Quds est un jour d’honneur, un jour de soutien à la Palestine, un jour d’action pour sa Libération. Honneur et grandeur à la Palestine et à Gaza, au Liban, à l’Iran, à l’Irak, au Yémen, et à tous les peuples qui les ont soutenus.
Que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous.
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