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- Les 10 points de l’accord de capitulation imposé par l’Iran aux Etats-Unis
- Communiqué du Ministre des affaires étrangères iranien
- Déclaration intégrale du Conseil Suprême de sécurité nationale de l’Iran
- Analyse de Middle East Spectator : le cessez-le-feu permet-il aux Etats-Unis et à Israël de se réorganiser ?
Note : grâce aux dons reçus et au partenariat du Cri des Peuples avec Alain Marshal, Laurent de Wangen et Le Cercle des Volontaires, un premier transfert de 600 euros a pu être envoyé au Liban pour venir en aide aux déplacés (justificatif ci-dessous). Cela peut paraître une goutte d’eau face à une guerre qui a transformé plus d’un million de personnes en réfugiés intérieurs, mais ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières… Tous vos dons continueront à être adressés mensuellement à nos contacts sur place.
Les 10 points de l’accord de capitulation imposé par l’Iran aux Etats-Unis
1. Engagement à la non-agression
2. Maintien du contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz et perception de droits de passage
3. Acceptation de l’enrichissement de l’uranium
4. Levée de toutes les sanctions primaires et secondaires
5. Abrogation de toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et du Conseil des gouverneurs de l’AIEA
6. Versement de compensations à l’Iran
7. Retrait des forces de combat américaines de la région
8. Cessation de la guerre sur tous les fronts
9. Libération de tous les avoirs iraniens gelés à l’étranger
10. Approbation de l’ensemble de ces dispositions dans une résolution contraignante du Conseil de sécurité.
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Communiqué du Ministre des affaires étrangères iranien
TÉHÉRAN — 7 AVRIL 2026
Au nom de la République islamique d’Iran, j’exprime ma gratitude et ma reconnaissance à mes chers frères, Son Excellence le Premier ministre du Pakistan Sharif, ainsi qu’à Son Excellence le maréchal Munir, pour leurs efforts inlassables en vue de mettre fin à la guerre dans la région.
En réponse à la demande fraternelle du Premier ministre Sharif dans son message, et compte tenu de la requête des États-Unis d’engager des négociations sur la base de leur proposition en 15 points, ainsi que de l’annonce du président des États-Unis concernant l’acceptation du cadre général de la proposition iranienne en 10 points comme base de négociation, je déclare par la présente, au nom du Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran :
Si les attaques contre l’Iran cessent, nos puissantes forces armées mettront fin à leurs opérations défensives.
Pour une période de deux semaines, un passage sécurisé à travers le détroit d’Ormuz sera possible, en coordination avec les forces armées iraniennes et dans le respect des contraintes techniques.
Sayed Abbas Araghchi
Ministre des Affaires étrangères
République islamique d’Iran
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Texte intégral de la déclaration du Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran sur le cessez-le-feu
Source : MEE
Traduction : lecridespeuples.substack.com
Au Nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
L’ennemi, dans sa guerre lâche, illégale et criminelle contre la nation iranienne, a subi une défaite indéniable, historique et écrasante. Par la grâce du sang pur et sacré du dirigeant martyr de la Révolution islamique, Son Éminence le Grand Ayatollah Imam Khamenei (paix sur lui), grâce aux mesures avisées du Guide suprême de la Révolution islamique et commandant en chef, Son Éminence l’Ayatollah Sayed Mojtaba Khamenei (que Dieu le protège), ainsi qu’au combat et au courage des combattants de l’islam sur les fronts, en particulier la présence historique, durable et héroïque de vous, chère nation, sur le terrain dès les tout premiers jours de la guerre, l’Iran a remporté une victoire immense et a contraint l’Amérique criminelle à accepter son plan en dix points.
Dans ce plan, l’Amérique s’engage fondamentalement à garantir la non-agression, à maintenir le contrôle de l’Iran sur le détroit d’Ormuz, à accepter l’enrichissement, à lever toutes les sanctions primaires et secondaires, à mettre fin à toutes les résolutions du Conseil de sécurité et du Conseil des gouverneurs, à verser des réparations à l’Iran, à retirer les forces de combat américaines de la région et à cesser la guerre sur tous les fronts, y compris contre la résistance islamique héroïque du Liban.
Nous félicitons l’ensemble du peuple iranien pour cette victoire et soulignons que, jusqu’à la finalisation des détails de cette victoire, il est nécessaire de faire preuve de fermeté et de prudence de la part des responsables, ainsi que de préserver l’unité et la solidarité du peuple iranien.
L’Iran islamique, aux côtés des courageux moudjahidines de la Résistance au Liban, en Irak, au Yémen et en Palestine occupée, a infligé à l’ennemi, au cours des quarante derniers jours, des coups que la mémoire historique mondiale n’oubliera jamais. L’Iran et l’Axe de la Résistance, en tant que représentants de l’honneur et de l’humanité face aux ennemis les plus sauvages de l’humanité, leur ont donné une leçon inoubliable à l’issue d’une bataille historique.
Ils ont écrasé à un tel point leurs forces, leurs installations, leurs infrastructures ainsi que l’ensemble de leurs capacités politiques, économiques, technologiques et militaires que l’ennemi est désormais plongé dans l’effondrement et le désespoir, ne voyant d’autre issue que de se soumettre à la volonté de la grande nation iranienne et de l’honorable Axe de la Résistance.
Dès le premier jour, lorsque les ennemis criminels de l’Iran ont lancé cette guerre oppressive, ils pensaient parvenir en peu de temps à une domination militaire totale sur l’Iran et le contraindre à capituler en provoquant une instabilité politique et sociale. Ils croyaient que les tirs de missiles et de drones iraniens seraient rapidement neutralisés et ne pensaient pas que l’Iran pourrait apporter une réponse aussi puissante au-delà de ses frontières et à l’échelle de toute la région.
Le sionisme mondial malveillant avait convaincu le président américain ignorant que cette guerre mettrait fin à l’Iran, leur permettant, après avoir éliminé ce dernier bastion de l’humanité, de commettre impunément tout crime contre quiconque. Ils rêvaient de morceler le cher Iran, de piller son pétrole et ses richesses, et de laisser finalement les Iraniens plongés dans le chaos, l’instabilité et l’insécurité pendant de longues années.
Les courageux combattants de l’islam et leurs alliés déterminés au sein de l’Axe de la Résistance, malgré leurs cœurs blessés et meurtris par le martyre de leur imam, ont décidé, en s’appuyant sur Dieu Tout-Puissant et en suivant le Seigneur et Maître des martyrs, de donner à ces ennemis une leçon historique une fois pour toutes. Ils ont choisi de venger tous les crimes passés et de créer des conditions dans lesquelles l’ennemi renoncerait à jamais à toute idée d’agression contre le cher Iran, goûtant pleinement à l’humiliation et à l’abaissement face à la grande nation iranienne.
Avec cette stratégie, et en s’appuyant sur l’unité politique et sociale sans précédent instaurée dans le pays, l’Iran et la Résistance ont engagé l’une des guerres hybrides les plus intenses de l’histoire contre l’Amérique et le régime sioniste, atteignant tous les objectifs fixés pour ce conflit durant cette période.
L’Iran et la Résistance ont presque entièrement détruit la machine militaire américaine dans la région ; ils ont infligé des coups écrasants et profonds aux vastes infrastructures et installations que l’ennemi avait construites et déployées au fil des années dans la région pour cette guerre contre l’Iran. À l’échelle régionale, ils ont causé de lourdes pertes à l’armée américaine criminelle et, dans les territoires occupés, ils ont porté des frappes sévères et dévastatrices aux forces ennemies, à leurs infrastructures, installations et capacités.
Ils ont tellement contraint le champ d’action sur tous les fronts que non seulement aucun des objectifs principaux de l’ennemi n’a été atteint, mais que celui-ci a compris, environ dix jours après le début de la guerre, qu’il n’avait aucune possibilité de victoire. C’est pourquoi il a commencé à tenter d’établir des contacts avec l’Iran et à demander un cessez-le-feu par divers canaux et moyens.
La noble nation iranienne doit savoir que, grâce au combat de ses enfants et à leur présence historique sur le terrain, l’ennemi supplie depuis plus d’un mois l’arrêt des tirs intenses de l’Iran et de la Résistance. Toutefois, les responsables du pays, ayant décidé dès le départ que la guerre se poursuivrait jusqu’à la réalisation de ses objectifs, notamment le regret et le désespoir de l’ennemi ainsi que l’élimination des menaces à long terme contre le pays, ont rejeté toutes ces demandes, et la guerre s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui, quarantième jour.
Par ailleurs, l’Iran a jusqu’à présent rejeté plusieurs ultimatums présentés par le président des États-Unis et continue de souligner qu’il n’accorde aucune importance à ce type d’échéances émanant de l’ennemi.
Nous annonçons à présent à la grande nation iranienne que presque tous les objectifs de la guerre ont été atteints et que vos enfants courageux ont conduit l’ennemi à une impuissance historique et à une défaite durable. La décision historique de l’Iran, soutenue par l’unité de l’ensemble de la nation, est de poursuivre cette bataille aussi longtemps que nécessaire jusqu’à la consolidation de ses acquis majeurs et l’établissement de nouvelles équations sécuritaires et politiques dans la région, fondées sur la reconnaissance de la puissance et de la souveraineté de l’Iran et de la Résistance.
Dans ce cadre, conformément à la sagesse du Guide suprême de la Révolution islamique, Son Éminence l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei (que Dieu le protège), et avec l’approbation du Conseil suprême de sécurité nationale, et compte tenu de la supériorité de l’Iran et de la Résistance sur le champ de bataille, de l’incapacité de l’ennemi à mettre ses menaces à exécution malgré ses déclarations, ainsi que de l’acceptation formelle de toutes les revendications légitimes du peuple iranien, il a été décidé d’engager des négociations à Islamabad afin d’en finaliser les détails. L’objectif est que, dans un délai maximal de 15 jours, avec la finalisation de ces détails, la victoire de l’Iran sur le terrain soit également consolidée sur le plan politique.
À cette fin, tout en rejetant tous les plans proposés par l’ennemi, l’Iran a élaboré un plan en dix points et l’a transmis à la partie américaine par l’intermédiaire du Pakistan. Il y a mis l’accent sur des éléments fondamentaux tels que : un passage contrôlé dans le détroit d’Ormuz en coordination avec les forces armées iraniennes (conférant à l’Iran une position économique et géopolitique unique), la nécessité de mettre fin à la guerre contre toutes les composantes de l’Axe de la Résistance (ce qui signifie une défaite historique de l’agression du régime israélien meurtrier d’enfants), le retrait des forces de combat américaines de toutes les bases et zones de déploiement dans la région, l’établissement d’un protocole de transit sécurisé dans le détroit d’Ormuz garantissant la domination iranienne conformément à l’accord, le paiement intégral des dommages à l’Iran selon les estimations, la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires ainsi que des résolutions du Conseil des gouverneurs et du Conseil de sécurité, la libération de tous les biens et avoirs iraniens gelés à l’étranger, et enfin l’approbation de l’ensemble de ces dispositions dans une résolution contraignante du Conseil de sécurité. Il convient de noter que l’adoption d’une telle résolution transformerait ces accords en droit international contraignant et constituerait une victoire diplomatique majeure pour la nation iranienne.
À présent, le Premier ministre du Pakistan a informé l’Iran que la partie américaine, malgré toutes les menaces apparentes, a accepté ces principes comme base des négociations et s’est soumise à la volonté de la nation iranienne. En conséquence, il a été décidé au plus haut niveau que l’Iran mènera des négociations à Islamabad avec la partie américaine pendant deux semaines, exclusivement sur la base de ces principes. Il est souligné que cela ne signifie pas la fin de la guerre ; l’Iran n’acceptera la cessation du conflit que lorsque les détails, compte tenu de l’acceptation des principes privilégiés de l’Iran dans le plan en dix points, auront été finalisés lors des négociations.
Ces négociations débuteront à Islamabad le vendredi 10 avril (21 Farvardin), dans un climat de défiance totale à l’égard de la partie américaine, et l’Iran consacrera deux semaines à ces pourparlers. Cette période pourra être prolongée d’un commun accord. Il est essentiel de maintenir une unité nationale totale durant cette période et de poursuivre avec vigueur les célébrations de la victoire.
Les négociations actuelles sont des négociations nationales et constituent la prolongation du champ de bataille ; il est nécessaire que l’ensemble du peuple, des élites et des groupes politiques fasse confiance à ce processus, placé sous la supervision du Guide de la Révolution et des plus hautes autorités du système, et le soutienne, tout en évitant strictement toute déclaration de nature à diviser.
Si la capitulation de l’ennemi sur le champ de bataille se transforme en un acquis politique décisif lors des négociations, nous célébrerons ensemble cette immense victoire historique ; dans le cas contraire, nous combattrons côte à côte sur le champ de bataille jusqu’à la satisfaction de toutes les revendications de la nation iranienne. Nos mains sont sur la gâchette et, à la moindre erreur de l’ennemi, une riposte de pleine puissance sera engagée.
Conseil suprême de sécurité nationale de la République Islamique d’Iran
Le 8 avril 2026
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Un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran donne-t-il aux États-Unis et à Israël la capacité de se reconstruire et de se réorganiser ?
Source : Middle East Spectator
Traduction : lecridespeuples.substack.com
1. Premièrement, il faut comprendre que les stocks d’intercepteurs, tant en Israël que dans les États du Golfe, sont à un niveau critique. Même si les États-Unis souhaitaient reconstituer ces stocks, ceux-ci existent en quantités si limitées qu’ils devraient redéployer une partie de leurs réserves situées dans d’autres théâtres (Asie / Europe / Amérique du Nord). Israël serait prioritaire ; les États du Golfe seraient probablement contraints de se débrouiller seuls. Même dans ce cas, les stocks américains existants, en particulier les intercepteurs THAAD, sont si limités que la production devrait être massivement augmentée — ce qui est à la fois pratiquement impossible et extrêmement coûteux à court et moyen terme.
2. Si, comme affirmé, les États-Unis voulaient reconstituer les stocks d’intercepteurs israéliens, ils pourraient déjà le faire pendant la guerre : la logistique n’est pas le problème ; le cessez-le-feu ne change rien. Les bases aériennes militaires en Israël sont déjà opérationnelles et les avions-cargos américains effectuent des rotations continues, sans interruption, même lors des barrages intensifs tirés depuis l’Iran. Ainsi, l’argument selon lequel un cessez-le-feu aiderait Israël à se réarmer est faux. Ils pourraient se réarmer dès maintenant s’ils le souhaitaient, mais ils ne disposent pas du matériel.
3. En réalité, durant un cessez-le-feu temporaire, si la situation est correctement gérée, l’Iran bénéficierait d’un avantage militaire en matière de reconstitution. Une pause de deux semaines dans les combats permettrait à l’Iran de dégager les accès à ses bases de missiles balistiques, remettant en service plusieurs d’entre elles, y compris celles situées dans l’ouest du pays, tout en permettant simultanément la relocalisation clandestine et la dispersion de drones et de missiles vers des zones plus éloignées et plus difficiles à surveiller, en vue d’une escalade ultérieure. Par exemple, des drones stockés dans des entrepôts pourraient être davantage dispersés vers des « couloirs de lancement » décentralisés entre montagnes et vallées, quasiment indétectables, permettant des opérations soutenues sur plusieurs mois. En somme, cela signifie que l’Iran pourrait décider de reprendre la guerre après deux semaines et lancer des vagues beaucoup plus importantes et coordonnées de missiles et de drones contre l’ennemi.
4. Durant la pause des combats, au moment où des négociations auraient lieu, la position de l’Iran dans ces pourparlers serait considérablement renforcée par rapport aux cycles précédents. La menace d’une intervention militaire est une carte qui a déjà été jouée, et les États-Unis disposent désormais de beaucoup moins de levier qu’avant la guerre, l’intervention militaire ayant été tentée sans atteindre ses objectifs. L’Iran, en revanche, a démontré sa capacité à perturber gravement l’approvisionnement mondial en pétrole en bloquant le détroit d’Ormuz, un levier bien plus puissant.
5. Une pause de deux semaines permettrait aux commandants et décideurs iraniens de se réorganiser et de recalibrer leurs plans. De plus, si les conditions de sécurité le permettent et si des mesures de sûreté maximales sont respectées, cela pourrait permettre la première apparition télévisée du nouveau Guide suprême, projetant une image de confiance à l’intérieur du pays tout en légitimant la continuité du leadership de la République islamique. [Cela permettrait également d’organiser les funérailles de Sayed Ali Khamenei, ce qui serait une nouvelle démonstration de force massive de la cohésion du peuple iranien.]
6. Au cours de ces deux semaines, la pression interne sur le président Trump pour éviter toute nouvelle escalade contre l’Iran continuerait de croître, et la pression en faveur d’un règlement diplomatique augmenterait de manière significative par rapport à toute période antérieure.
7. En tenant compte de l’ensemble des points ci-dessus, le cessez-le-feu ne pourrait jouer en faveur de l’Iran que si ses dirigeants abordent les négociations avec une conscience totale des intentions trompeuses de l’adversaire et de la probabilité d’une trahison. Ils doivent faire preuve d’une défiance absolue envers les Américains, ce qui est justifié étant donné que les deux précédentes négociations de l’Iran ont été suivies d’attaques. Aucune réunion de hauts commandants ne devrait avoir lieu ; les dirigeants devraient éviter de se déplacer et de devenir des cibles d’assassinats ; et, de manière générale, ils ne feront preuve d’aucune naïveté.
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